Emmanuel Macron élu, quelles orientations pour les Fonctions Publiques ?

Au sein d’une campagne présidentielle pour le moins atypique, il aura fallu attendre la dernière ligne droite et une initiative de l’Association des Maires de France pour que les candidats précisent tous, à la fin du mois de mars, leurs orientations pour la fonction publique et les collectivités locales. Sans surprise, Emmanuel Macron s’est alors inscrit dans une certaine continuité avec ses prédécesseurs en posant un double objectif de rigueur budgétaire et de modernisation des administrations

S’agissant des effectifs, le nouveau Président de la République entend poursuivre la diminution du nombre d’agents publics en jouant sur les marges dégagées par les départs à la retraite. Les chiffres de 50 000 fonctionnaires d’État et 70 000 territoriaux ont été évoqués. A ce jour, ni le rythme ni la méthode n’ont encore été explicités puisque le principe de libre administration des collectivités territoriales n’autorise pas de prise de décision unilatérale en la matière. Néanmoins, le référentiel est posé et constitue l’un des gisements d’économies qui doivent permettre de diminuer les dépenses de l’État de 25 milliards en 5 ans dont une contribution de 10 milliards attendue des collectivités.

Un pacte « girondin » avec les élus pour le quinquennat

Pour éviter l’arbitraire de la méthode « trop centralisatrice » de baisse des dotations utilisée lors du dernier quinquennat, Emmanuel Macron souhaite proposer aux collectivités un pacte « girondin » sur 5 ans. Dix des 50 milliards du « plan d’investissements » seraient accessibles aux collectivités locales en échange d’une économie annuelle de leur part de 2 milliards d’euros.

On imagine par ailleurs que ce pacte pourrait servir de cadre de négociation sur les conditions de compensation de l’exonération massive de la taxe d’habitation promise par le candidat Macron à nos concitoyens.

Enfin, quelques mesures techniques complémentaires avancées durant la campagne sont de nature à satisfaire des revendications des élus locaux. La première consisterait à rompre le principe de gestion unifiée des trois versants de la fonction publique. Ainsi, une décision prise par l’État sur le point d’indice n’impacterait plus automatiquement les collectivités. De même, les communes qui souhaiteraient revenir sur la réforme des rythmes scolaires pourraient obtenir satisfaction. Enfin, Emmanuel Macron s’est prononcé pour un recours plus souple et plus large aux « emplois de droit privé ».

Une administration plus agile et proche des usagers

Au-delà des seules considérations financières, le candidat s’est aussi essayé, au fil des semaines, à esquisser le portrait d’une administration modernisée, plus proche des besoins. Il entend, par exemple, capitaliser sur les gains de la transformation numérique pour élargir l’amplitude d’ouverture des services de l’État et recentrer pour partie les tâches des personnels sur l’accompagnement du public. En contrepartie, les agents bénéficieraient d’une meilleure considération par une gestion plus individualisée des carrières et des rémunérations.

Ces évolutions de posture et de management se dessinent petit à petit dans certaines administrations et collectivités. Gageons néanmoins qu’une impulsion plus volontariste au sein des services de l’État peut entraîner par mimétisme des répercussions très positives sur les deux autres versants de la fonction publique.

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Création graphique – Rédaction : Fotolia / Shutterstock /Muriel Van Frachem / Chalenges Publics / Derédac

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